La villa des agronomes latins
Érudits et chercheurs tentent depuis longtemps de préciser, à la lecture des
agronomes latins, le sens du terme
villa. Il peut être utilisé pour qualifier
tout type d’habitation rurale. Dans une acception plus restreinte, la villa relève de deux concepts, répond à deux fonctions distinctes, l’
otium, le
temps du repos mais aussi de
l’étude, et le
negotium, l’activité d’entreprendre, le
temps des affaires.
À la suite de
Caton, de
Varron,
Columelle, à la fin du I
er siècle après notre ère a formalisé, dans le
De Re Rvstica, la définition des principales composantes de cette création architecturale selon trois secteurs : la
pars urbana ou la résidence du maître et de sa
familia, la
pars rustica pour les forces et moyens de production – hommes, animaux et outillage, la
pars fructuaria, les équipements pour le traitement, la conservation des récoltes. L’auteur n’hésitait pas à dénommer l’espace qui entourait la villa,
circa villam, rappelant ainsi que celle-ci, au cœur des terres cultivées est indissociable d’un domaine agricole. Par extension, une
villa rustica peut être interprétée comme une simple exploitation rurale et la
villa urbana comme le manoir, la demeure du maître.
Palladius, auteur de l’Antiquité tardive, écrit un ouvrage conçu comme un
calendrier agricole dont les copies médiévales ne démentiront pas le succès. Il utilise le terme de
praetorium pour la résidence du
dominus (maître) empruntant ce terme militaire pour signifier le lieu de pouvoir plus que de villégiature.